
Les écharpes n’ont pas vraiment fait irruption dans ma vie vestimentaire depuis longtemps. Après une belle décennie sous les tropiques, l’utilité d’une écharpe (et de chaussettes par la même occasion) était complètement évacuée de mon esprit. Mais la vie hivernale de Paris a finalement eu raison de mes fantasmes vestimentaires minimalistes.
Et donc, un jour, une écharpe est apparue chez moi. Je dis bien apparue car je n’ai pas la moindre idée d’où elle sortait cette écharpe. C’était une écharpe basique, noire, à frange, comme toutes les autres. On peut l’acquérir sans difficulté chez n’importe quel vendeur. Et donc mon écharpe anonyme et moi nous avons fait un bout de chemin ensemble. Couvrant mon cou plein de thyroïdes, de cordes et d’une modeste couverture de gras, c’était une compagne idéale de ma panoplie d’armoire majoritairement noire.
Mais voilà. Un jour, je ne l’ai plus revue. Attention, je la connais bien cette écharpe, elle est talentueuse, mais pas au point de disparaître comme ça. Non, quelqu’un l’avait sûrement volée. On m’a volé mon écharpe dans une bibliothèque parisienne. Chose courante vous allez me dire. Le problème des vols de bibliothèque est bien connu des étudiants. Mais là où le bas blesse: je travaille dans la bibliothèque, mes affaires sont dans les coulisses, dans le magasin de la bibliothèque.
Forcée donc d’admettre qu’un de mes collègues me l’avait embarquée, entourée autour de son cou de traître. Décidée à débusquer le voleur, je me suis rendue le lendemain dans le magasin. Pas de voleur, mais mon écharpe accrochée sur le porte manteau comme une aguicheuse. Je l’ai mise autour de mon cou, et je suis allée travaillé. Je sais, stupide, mais bon il fallait que je montre que c’était mon bien, malgré les 23 degrés dans la salle.
Une dame s’est excusée de me l’avoir prise et je suis repartie vers de nouveaux horizons scolaires. Tout ça jusqu’à ce que je me retrouve dans un bar. Fait inhabituel en lui même, je me demande toujours comment il est possible de perdre une écharpe dans une soirée bourrée de gens habillés comme des pirates. Je l’aurais bien vu mon voleur d’écharpe cette fois-ci non? Et bien non. Mais le mystère s’épaissit comme une telenovela mexicaine. Car je ne sais pas si je suis rentrée avec mon écharpe ou si je suis partie avec une de ses nombreuses jumelles. Elle ressemble à mon écharpe. Elle se comporte comme mon écharpe. Et pourtant un doute me hante.
Je pense que je suis condamnée à jouer aux chaises musicales avec mon écharpe jusqu’à ce que le printemps daigne nous faire signe. En attendant, si vous avez une écharpe, basique, noire, douce, qui ne vaut pas plus de cinq euros mais que le doute vous hante, comme si vous aviez ramené le mauvais bébé de l’hôpital…contactez-moi, nous procèderons à un échange.

Scarves never really made a grand entrance in my closet. I have been using one of those fellows for a relatively short time. After a good decade spent in tropical weather, the use I could have had for a scarf (or socks for that matter) were notions long gone from my mind. But wintery life in Paris took its toll of my minimalist conception regarding clothing. And so, one day, a scarf appeared in my home. I say appeared because I don’t have a fucking clue where it came from. It was a scarf, basic, black, with a fringe, like all the others. You can buy it without much hassle anywhere. So this anonymous scarf and I took the same road for awhile. Covering my neck full of thyroid, cords and a modest blanked of fat, it was an ideal companion to my closet collection of black garments.
But voila, one day, I just did not see it anymore. Now I know this scarf, it’s a talented little piece of textile, mais not talented to the point of disappearing just like that. No, someone must have stolen the scarf. My scarf was stole in a parisian library. Common thing really. The bane of many students. But here’s the real problem: I work in the damn library and my stuff is stashed behind the scenes. Forced to admit, one of my colleagues must have embarked the scarf around his treacherous neck. Firmly decided to unveil this thief, I went to the scene of the crime the next day. No thief, but my scarf, hanging on the coat rack, like an alluring pin-up. I put it around my neck, and I went to work. I know, stupid, but I had to show the “who’s your daddy” factor, despite the stiffling temperature in the room.
As a result, a lady apologized for taking it and I went on to new scholarly horizons. All was good and well until I found myself in a bar. Not a habitual haunt for me; actually I still ask myself how it is possible to lose a scarf in a bar full of people dressed up as pirates because surely, I would have seen the scarf thief this time no? Well, No. But the plot thickens, like that of a mexican telenovela because I went home with a scarf, just not sure it’s my scarf. It looks like my scarf. It behaves like my scarf. And still, it haunts me.
I think that I am condemned to play musical chairs with my scarf until springtime. While I wait, if you have a scarf, a basic, black, soft, five dollar scarf but that doubt haunts you too, like taking the wrong baby home from the hospital, please contact me, we’ll engineer an exchange procedure.